Texte de :
Marianne Simard

Dès les premiers instants où ma prunelle a vu le jour, que mes mains l’ont aidé à sortir, que je l’ai serré contre moi, ça a été le plus beau moment de ma vie. J’ai connu l’amour inconditionnel infiniment grand. Puis, c’est aidé de mes doigts, qu’elle a glissé sa petite bouche afin de trouver mon sein pour la première fois. Après 21 heures de travail, j’étais épuisée mais heureuse. Heureuse de pouvoir donner le sein à mon petit chat.

Ce contact si exclusif, si magnifique et si naturel a été pour moi un moment transcendant et irremplaçable. Ma fille à mon sein. Mon conjoint à mes côtés. Mon amie Julie qui était mon accompagnante. J’aurais aimé arrêter le temps en ce 21 novembre 2014.

PREMIÈRE GOUTTE : LES DIFFICULTÉS DE L’ALLAITEMENT

Sans équivoque, pour moi allaiter allait de soi. Malgré cela j’ai bien failli abandonner avec tous les problèmes rencontrés en début d’allaitement. J’ai eu une montée laiteuse tardive avec en plus le lait qui ne coulait pas suffisamment du sein gauche. Ma puce qui ne prenait pas assez de poids. J’ai eu besoin de l’alimenter à la seringue remplie d’une solution. Mais avec les conseils de marraines d’allaitement, de mon amie Julie, de la persévérance et des plantes, la montée laiteuse est enfin arrivée. J’ai quand même eu le sein gauche qui aura toujours été capricieux. Bref, le cocon d’amour se tissait tout de même au fil des jours.

DEUXIÈME GOUTTE : LA LEUCÉMIE

Le 30 mars 2015, la toile s’est brisée.

Ma fille a reçu un diagnostic de leucémie myéloblastique aigüe. Nous allions passer 8 mois à l’hôpital. Les chances qu’elle s’en sorte au départ étaient faibles. Un maigre 10%. C’est bien peu mais c’est suffisant pour que l’espoir l’emporte! Tout au long de l’hospitalisation j’ai continué à l’allaiter. Ce fût ardu. Parfois pénible. Souvent, j’étais à bout de nerfs et fatiguée. Je ne produisais pas assez de lait et il y avait encore mon sein gauche qui faisait des siennes et qui enflait. Même avec les feuilles de chou et les conseils à gauche à droite, rien n’y faisait de ces difficultés d’allaitement. Malgré tout, je tenais mordicus à continuer.

Durant la tempête qu’aura été sa leucémie, je n’avais pas vraiment de pouvoir sur sa santé, mise à part de lui donner de mon lait maternel. J’étais convaincue que ça faisait toute la différence quand son système immunitaire a été au point le plus bas, détruit à cause de la chimio. Cela l’a protégé et ça, j’en suis certaine. Puis, en août 2015, nous sommes passées au travers. Ma fille était maintenant en rémission. La vie normale semblait vouloir reprendre son cours.

Mais nous n’avions gagné qu’un combat. La guerre, elle, n’était pas finie.

La suite ici…

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