Je mange donc, je suis : ma transition tout en douceur vers le végétalisme

Texte de Valérie Pichet

C’est Benjamin Franklin qui a dit que « son refus de manger de la chair animale » lui a causé des ennuis et « qu’on lui a souvent reproché sa singularité ». Il ajoute que « cette alimentation plus légère lui a procuré une plus grande clarté de pensée et une compréhension plus vive », en parlant du végétarisme. C’était dans les années 1700.

300 années sont passées et ce sujet est encore plus chaud. Quel est donc ce tabou autour de notre alimentation ? Ce n’est pas mon but de causer un débat, mais es-tu d’accord avec moi que l’alimentation d’une personne est de son propre intérêt personnel et non pas un débat sociétal ?

Je ne suis pas tombée sur la tête quand j’ai pris la décision de couper les produits animaux de mon assiette. J’ai juste pris conscience du monde qui m’entoure. Je trouvais intéressant de te partager non seulement mon processus de transition vers le végétalisme, mais également les raisons de ce cheminement.

Je tiens d’abord à préciser que ce n’est pas mon intention de faire de la propagande ou de convaincre qui que ce soit. Je veux juste te partager cette grande décision qui a littéralement changé ma vie.

Et j’exagère à peine.

MA TRANSITION, DES RÉACTIONS ET MA QUÊTE D’INFORMATION

C’était en mars 2018 que j’ai débuté ma transition. J’ai toujours été celle qui adorait les animaux, celle qui voulait tous les sauver. Déjà là, le végétarisme me parlait énormément. Puis, comme je me trouvais dans une impasse financière durant cette période, je me suis mise à rechercher sur Pinterest des moyens de sauver des sous. Je suis tombée sur plusieurs articles qui parlaient du garde-manger idéal pour les petits budgets.

Ça parlait de légumineuses pour remplacer la viande, de lait végétal fait maison et de tofu. Là tu vois, j’ai fait le lien. Le tofu est pour les végétariens. Je vais devenir végétarienne.

J’étais peu informée sur le sujet à ce moment-là et je me rappelle la réaction de ma mère et de ma grand-mère « ben voyons, où est-ce que tu vas trouver tes protéines ?! ». C’est là que ma quête d’information est devenue plus importante. Comme je suis une fille de défi, je voulais leur démontrer que c’était possible de s’alimenter simplement sans l’utilisation de produits d’origine animale.

MA CONSOMMATION ALIMENTAIRE SOUS UN ANGLE DIFFÉRENT

Je n’ai pas tout coupé d’un coup. C’est la pire chose à faire.

J’ai premièrement cessé la consommation de viande, remplacer par le tofu ou les légumineuses.

Ensuite, j’ai cessé de prendre du lait de vache et je l’ai remplacé par le lait de soya.

En juin 2019, plus d’un an après le début de mon cheminement, j’ai cessé la consommation de poissons et de crustacés.

Pour être honnête avec toi, je ne pensais pas devenir totalement végétalienne. Genre, je suis l’accro en chef au fromage fin. Pourtant, après avoir visionné Earthling, Cowspiracy et The Game Changer, j’ai vu ma consommation alimentaire sous un angle différent. Au départ, mes motivations se trouvaient du côté économique et des droits des animaux. Mais peu à peu, j’ai constaté que ça allait plus loin. L’environnement et la santé entraient aussi en ligne de compte. Avec le recul, après plus d’un an d’effort, je me rendais compte que ça n’avait pas été difficile de couper les animaux de mon alimentation. Et qu’en plus, j’avais perdu énormément de masse graisseuse donc je me sentais pas mal mieux dans mon corps et mon esprit.

Finalement, c’est le 1er novembre dernier que j’ai pris la décision de faire le dernier grand saut vers le végétalisme. Encore une fois, je me laisse une chance, je vais lentement et j’apprends en même temps. Mon but est de me dire végétalienne en date du 1er janvier 2020.

APPRENDRE À ÉPOUSER CETTE SINGULARITÉ

Ça peut paraitre étrange ce que je vais dire, mais je me sens mieux dans ma conscience. Je me sens en totale symbiose avec mes valeurs. C’est exactement le point que je voulais soulever aujourd’hui. Le but n’est pas de faire comme tout le monde, mais bien de faire comme tu le sens. Le végétalisme n’est qu’un exemple. Mais c’est important de ne pas avoir peur d’oser.

Je viens d’une famille omnivore, j’ai eu des chums dans le passé qui étaient totalement carnivores et maintenant, je m’entoure de personnes avec des valeurs comme les miennes. Je ne me sens pas à part de ma famille parce qu’on mange des soupers différents, au contraire. Je me sens encore plus ancrée dans mes propres racines.

Je voulais juste te dire à toi, qui tentes désespérément de t’identifier dans un moule qui t’a été transmis, ce n’est pas nécessaire.

Sois toi, sois celle que tu veux. Et tu seras la meilleure version de toi-même, c’est promis !

Fais comme Benjamin Franklin et épouse cette singularité qu’est la tienne.

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