#FreeTheNipples : Ne plus porter de soutien-gorge pour libérer sa femme intérieure

Texte de Anouk Lauzon Groleau

Je n’arrête pas de voir passer des images style bande-dessinée illustrant une femme enlevant sa brassière en fin de journée en criant « LIBERTÉ! », avec comme message en dessous; toutes les femmes attendent ce moment avec impatience, à la fin de la journée.

Et franchement, ça me choque.

Pourquoi ne se permet-on pas ce confort tout au long de la journée?

J’ÉTAIS COMME TOI AVANT.

« Mais là, TOUT LE MONDE VA ME REGARDER/ TOUT LE MONDE VA LES REGARDER! »

« Ça va paraître, et tout le monde va être inconfortable, moi la première! »

« J’ai de trop gros seins, ça n’est pas fait pour moi. »

« ILS VONT PENDRE quand je serai plus vieille! »

CE N’EST PAS VRAI.

Quand tu commences à laisser libres tes atouts pour les moins attirants et incroyablement charmants, tu te rends rapidement compte d’une chose : personne n’en a rien à faire.

Tu es la personne qui va être la plus dérangée par tes lolos à l’air, car, par ton éducation, on t’a enseigné à les cacher, mais aussi à les montrer, à les mettre en valeur… seulement selon certains critères très stricts et inconfortables; soutien-gorge plongeant, rembourré, sans bretelles (y’a que moi qui avait toujours ma main dans mon chandail pour le remonter ?!) …

Et est-ce que, après avoir monté un escalier en courant, tu te mets à souffler comme une cheminée parce que ton soutien-gorge t’empêche de bien respirer toi aussi? #YouKnowWhatIMean

Et si tu es de celles pour qui le confort passe avant tout, attention aux yeux! Bretelles larges, couleurs fades, impossible de porter une camisole à fines bretelles sans laisser paraître que toi, les critères de beauté en matière de lingerie, t’en n’as rien à faire, et tu es alors classée comme marginale.

Si en plus, tu dis haut et fort que la lingerie commerciale, c’est mauvais pour la santé des seins, que tu n’as pas envie d’être prise dans un moule, mauvais pour ton corps, tu gagnes le titre de féministe extrémiste.

Pour toi, qui penses peut-être que le free boobs est seulement pour celles qui ont du A et B en bonnet… Détrompe-toi! Internet regorge de témoignages de femmes à la forte poitrine qui ont jeté les leurs aux oubliettes. Et elles vivent très bien sans (j’ai lu le témoignage d’une femme qui a adopté ce mouvement et elle portait du 95E!).

Et pour ce qui est de pendre… fille, tes seins seront bien plus fermes et en santé sans ton joli soutif noir à dentelle, puisque les tissus organiques qui le composent pourront garder leurs élasticités beaucoup plus facilement en étant continuellement en mouvement que s’ils sont sans cesse immobiles… c’est un peu comme les bons vieux élastiques de caoutchouc; si tu ne les utilises jamais, ils vont perdre de leur élasticité et briser dès le moment où tu les utiliseras de nouveau.

C’EST LA MÊME CHOSE POUR TES SEINS!

Les tissus qui le composent ont besoin de bouger pour rester en forme! Les garder immobiles les fragilise. La gravité fera son effet, peu importe que tu portes un soutien ou pas, mais tu garderas le galbe de ta fabuleuse poitrine plus longtemps.

Si tu n’es toujours pas convaincue par les bienfaits de laisser respirer ton buste, sache que de nombreuses études démontrent que le port du soutien-gorge n’apporte strictement rien à tes seins. Au contraire, enlever cet élément de ta garde-robe améliore ta circulation sanguine et lymphatique, ton estime personnelle, en plus de contribuer à la diminution des mycoses pouvant se former dans cette région (fille aux gros seins, je te salue!).

LA MODE A ENSEIGNÉ À LA FEMME QUE LES SEINS, C’ÉTAIT UN ACCESSOIRE, UN OBJET DE DÉSIR QU’IL FALLAIT SAVOIR DOSER POUR NE PAS TRAVERSER LA MINCE LIGNE ENTRE SEXY ET VULGAIRE.

Ils doivent être ronds.
Parfaitement symétriques.
Galbés au niveau du décolleté.
Avoir une petite auréole.
En avoir juste assez.
Pas trop peu.
Mais pas trop non plus.

WAKE UP GIRL. Ce n’est pas la réalité.

Y’a celle qui a un monosein.
Y’a celle qui a un sein plus gros qu’un autre.
Y’a celle que ses seins sont en forme de poire, une autre de banane.
Y’a celle que l’aréole prend la moitié de son sein.
Y’a celle qui a une tache de naissance dessus.
Y’a celle qui en a trop pour sa santé.
Y’a celle qui n’en a presque pas.

Et you know what? C’est correct comme ça.

Oui, y’a des femmes aux courbes parfaites, mais c’est loin d’être la majorité. Et au lieu de voir ses défauts, pourquoi ne voit-on pas les caractéristiques de notre poitrine? Pourquoi ne pas en être fière?

On entend de plus en plus parler de la libération de la femme dans notre société. Mais je crois sincèrement que ce n’est pas la bonne chose à faire: ne vaudrait-il pas mieux commencer par se libérer nous-mêmes, dans notre quotidien, dans notre corps et notre conscience, et ensuite aider les autres femmes à se libérer, plutôt que d’accepter de laisser à la société le bénéfice de choisir le comment et le quand d’une telle libération?

Je prône le #FreeBoobs, oui, car je crois que c’est une façon très symbolique de montrer à la face du monde que notre corps nous appartient. Par contre, à toi de trouver ta zone de confort dans ce processus (ou à en sortir; tu y trouveras peut-être de magnifiques surprises!).

L’important, c’est que ce ne sont pas les standards qui ont à définir si ton corps est beau ou non. L’important, c’est toi et tes choix.

Ton corps te nourrit.
Ton corps te permet de respirer.
Ton corps te permet de danser.
Ton corps te permet de vivre.
Et c’est ce qui le rend beau.

Je dis oui à la réappropriation de mon corps. Je dis oui à la libération du pouvoir de la société sur mes seins. Je dis oui à leurs libérations, et du même fait, aux miens.

Réapproprie-toi ton corps, belle Déesse, et laisse-le briller avec amour.

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